Et puis il y a les spectateurs, eux ils ne participent pas à la pièce. Par timidité ou par manque d'envie. Ou peut être parce qu'ils savent...
Ils savent que derrière les décors se cache la misère du monde, qu'ils suivent la norme, jouent un rôle pour se sentir exister... Ils savent que ces pièces qu'ils jouent ne sont pas la réalité. Alors ils jouent, pour s'évader.
Ils savent, et nous savons aussi que le monde est pourri, que chaque jour il pourrit un peu plus. Que les gens sont égoïstes et que ça ne fera qu'empirer.
Oui la vie est belle, enfin il paraît. Profitons-en alors! Mais pas comme ça. N'allons pas dans leur sens. La vie c'est pas éternel, tout comme les pièces de théâtre et les films, elle a une fin.
La vie c'est un cadeau, c'est ce qu'on dit. Mais derrière l'emballage il y a autre chose. Et ici bas, pas de satisfait ou remboursé. La vie, elle nous manipule. Enfin non. la société nous manipule. Et si la société c'est la vie, ben là c'est la merde.
Si être en vie c'est être comme tout ces gens, non merci. Etre hors norme, c'est ce que j'appelle vivre.
Moi j'suis pas di'ici, j'l'ai jamais été et j'le serais sûrement jamais. Le jour où j'suis arrivée il y a du avoir une erreur. J'étais pas censée arriver ici...
Mais j'suis là alors j'fais avec. Alors j'essaie de changer cette société qui ne me plait pas. J'essaie de contrer l'égoïsme en tentant d'aider d'abord mes proches et ensuite les autres gens.
J'essaie de contrer cette compétition engagée entre tous les peuples en restant en marge. J'les regarde tous courir pour être premiers. Et je ne comprend pas. Je ne comprend pas du tout. Alors le rideau se referme et je me retrouve seule dans cette salle de théâtre. Les comédiens sont partis, les décors sont enlevés... Et je vois de nouveau la vie en noir et blanc... en noir et sang...

